Mensuel Shaarli
February, 2023
Durée de vie trop étirée, représentations dominantes, qualité d’écriture, phénomène des franchises… Les causes de la lassitude généralisée à l’égard des AAA narratifs sont nombreuses. Mais la création de jeux vidéo ne se résume pas à ses têtes de gondole…
Pour ce qui est de l'importation des codes du cinéma, l’industrie du jeu vidéo poursuit sur sa lancée. Les blockbusters vidéoludiques ont atteint un niveau de fidélité graphique proche du photoréalisme… Et pourtant leurs récits ne parviennent que rarement à convaincre les joueuses et joueurs. Pourquoi la plupart d’entre eux abandonnent ces jeux en cours de route ? Y a-t-il une incompatibilité entre jeu et narration ? Vaste programme pour cette nouvelle émission de Jour de Play en compagnie de Sofia, Hugo, Camille et Pierre Corbinais.
Durée de vie trop étirée, représentations dominantes, qualité d’écriture, phénomène des franchises… Les causes de la lassitude généralisée à l’égard des AAA narratifs sont nombreuses. Mais la création de jeux vidéo ne se résume pas à ses têtes de gondole. La diversité des œuvres est aujourd’hui plus que jamais un privilège pour les joueuses et joueurs. Ces dernières années, la scène du jeu vidéo indépendant a montré à de nombreuses reprises sa capacité à proposer des expériences cohérentes et novatrices à l’image de Celeste ou de Kentucky Route Zero. C’est en promouvant ces productions aux moyens plus modestes mais à l’ambition artistique indubitable que l’on pourra dépasser collectivement les limitations inhérentes aux jeux à gros budget. C’est en tout cas notre souhait avec Jour de Play, chaque premier mercredi du mois sur la chaîne Twitch d’Arte et en version Sauvegarde sur YouTube et la plate-forme Arte.tv.
Sur les réseaux sociaux, la tendance #CoreCore ne cesse de gagner en popularité. L’idée ? Proposer des montages aux accents tristes et mélancoliques qui véhiculent, souvent par l’absurde, un rapport désenchanté au monde et à ses bouleversements.
En modernisant le voyage dans le temps, la trilogie culte de Robert Zemeckis a su résister à ses outrages. Les raisons du succès d’une saga à l’exubérance eighties.
C’est un des scénarios les plus refusés de Hollywood : plus de quarante fois ! Aucun producteur ne croyait à ce projet de Robert Zemeckis et Bob Gale, un tandem inventif surnommé "les deux Bob". Pas rancunier, Steven Spielberg, qui leur doit pourtant trois flops, impose le film auprès des studios Universal, Gale signant le script et Zemeckis assurant la réalisation. Le réalisateur des Dents de la mer ne le regrettera pas. En 1985, Retour vers le futur pulvérise le box-office et devient un succès planétaire, conforté par deux suites en 1989 et 1990. Décennie après décennie, la popularité de cette trilogie ne faiblit pas. Pourquoi cette longévité alors que tant de blockbusters sombrent dans l’oubli ? Il est vrai que Retour vers le futur a lifté le genre poussiéreux du voyage dans le temps, grâce à une panoplie aujourd’hui vénérée pour son kitsch eighties : walkman, skate ou voiture de sport trafiquée (la célèbre DeLorean qui slalome du passé au futur). Mixant comédie et science-fiction, le premier volet brasse des thèmes universels comme le rêve américain ou les relations familiales, et se donne pour cadre une banlieue ordinaire, ce qui le rend très accessible. Remplaçant au pied levé l’infortuné Eric Stoltz, pas assez drôle selon les producteurs, Michael J. Fox prête sa bouille clownesque à l’adolescent Marty McFly, propulsé par hasard en 1955. En modifiant le passé, cet antihéros attachant va s’efforcer d’améliorer le présent, à commencer par ses désastreux parents.